Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chretienne | 
agrandir | Auteur: Sylvain Gouguenheim Créateur: Sylvain Gouguenheim Éditeur: Seuil
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Média: Broche Pages: 277 Poids (kg): 1 Dimension (cm): 9.3 x 6.1 x 0.9
ISBN: 2020965410 EAN: 9782020965415 ASIN: 2020965410
Date de publication: Mars 6, 2008 Disponibilité: Expedition sous 1 a 2 jours ouvres
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Passionnant ! Septembre 28, 2008 tactac (Paris) 1 sur 1 ont trouvé ce commentaire utile
Voici un autre ouvrage au but salutaire qui remet a l'heure les pendules des historiens de l'ideologie dominante. Sylvain Gouguenheim demontre, argumente, affirme et refute magistralement. L'Occident chretien n'a jamais coupe definitivement les ponts avec son riche passe grec car sinon cela aurait equivalu ni plus ni moins a un suicide culturel. Le Moyen-Age ne fut pas une epoque lourde d'obscurantisme barbare et d'inexistence d'erudition mais plutot une active continuite culturelle qui n'a cesse d'entretenir ce lien si fort avec ses racines grecques. En aucun cas, nous ne sommes redevables du monde islamique qui a davantage emprunte et falsifie. Rendons hommage a Jacques de Venise, aux erudits chretiens d'orient (byzantins, nestoriens, syriaques), aux moines copistes et a l'Empire chretien d'orient qui a faconne en partie l'Europe de l'ouest. Un livre a lire, a relire et a faire lire.
Ouvrage remarquable Septembre 4, 2008 Latour07 (Paris, France) 3 sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
Sylvain Gouguenhaim, professeur d'histoire medievale a l'ENS de Lyon, est un historien travaillant avec des donnees brutes qui sait les placer dans le contexte de leur creation, apparition, diffusion. Il exploite avec diligence et esprit scientifique chacune des donnees qu'il expose avec rigueur. Son travail est impressionnant de qualite. Il ouvre en outre de nouvelles perspectives de travaux notamment sur l'importance des communautes chretiennes d'Asie Mineure sous l'autorite de l'Islam. Cet ouvrage jette manifestement un pave dans la mare. Il en va de meme a chaque fois qu'il s'agit de demontrer que le Moyen-Age n'etait pas une periode "obscurantiste", qu'il fut fecond dans la production de livres, la traduction, la copie de livres, la dispute, le rayonnement spirituel (je salue notamment l'excellent passage sur la renaissance carolingienne). Il en va de meme a chaque fois que l'Histoire revele que l'Eglise catholique a permis, favorise, encourage le developpement de la Science contrairement aux idees recues qui mettent en exergue des comportements minoritaires, blessants certes, de l'Eglise pour les faussement generaliser (cf. La verite sur l'affaire Galilee). il en va de meme a chaque fois que l'Occident est defendu de maniere juste (Le sanglot de l'homme blanc, Pour en finir avec la repentance coloniale, Les traites negrieres : Essai d'histoire globale etc.). "Aristote au Mont Saint Michel" n'est pas un livre a charge. Il est un livre qui expose avec beaucoup d'intelligence que la diffusion tant de la philosophie grecque a ete permise par le rayonnement de chretiens lettres, par la Curie romaine, les monastere, dont celui du Mont Saint Michel qui abrita le premier traducteur des oeuvres d'Aristote, Jacques de Venise, et indirectement par la politique agressive, guerriere de l'islam -les invasions arabes, islamiques, conduisant a la destruction de livres reputes non sacres et a la fuite d'une elite chretienne. Il va en outre plus loin car il demontre que la medecine tant vantee des Arabes a ses origines historiquement fondees chez les chretiens et juifs, que cette medecine s'est enrichie des apports grecs, indous et persans; cette synthese etant vecue par une elite syriaque, chretienne. Pendant 3 siecles, 8 generations d'une meme famille ont ete medecins du calife de Bagdad ! Le livre de Sylvain Gouguenheim illustre de nombreux exemples qui etayent une nouvelle facon de voir l'Histoire et la contribution de l'Islam dans l'ouverture a l'intelligence du monde occidental. Les racines chretiennes de l'Europe sont evidentes. La diffusion des textes grecs, langue de reference de la liturgie, est sure. Cet exceptionnel ouvrage d'historien en appelle d'autres.
Rien de bien nouveau Juillet 24, 2008 P. Raphael (France) 18 sur 47 ont trouvé ce commentaire utile
Rien de bien nouveau dans ce livre bourres d'erreurs de fait et d'analyse qui pretend demontrer que l'Europe chretienne medievale se serait approprie directement l'heritage grec. L'ouvrage va a contre-courant de la recherche contemporaine, qui s'est efforcee de parler de translatio studiorum et de mettre en avant la diversite des traductions, des echanges, des pensees, des disciplines, des langues. S'appuyant sur de pretendues decouvertes, connues depuis longtemps, ou fausses, l'auteur propose une relecture fallacieuse des liens entre l'Occident chretien et le monde islamique, relayee par la grande presse mais aussi par certains sites Internet extremistes. Des la premiere page, Sylvain Gouguenheim affirme que son etude porte sur la periode s'etalant du VIe au XIIe siecle, ce qui ecarte celle, essentielle pour l'etude de son sujet, des XIIIe et XIVe siecles. Il est alors moins difficile de pretendre que l'histoire intellectuelle et scientifique de l'Occident chretien ne doit rien au monde islamique ! Il serait fastidieux de relever les erreurs de contenu ou de methode que l'apparence erudite du livre pourrait masquer : Jean de Salisbury n'a pas fait aeuvre de commentateur ; ce n'est pas via les traductions syriaques que ce qu'on a appele la Logica nova (une partie de l'Organon d'Aristote) a ete recue en Occident ; enfin, et surtout, rien ne permet de penser que le celebre Jacques de Venise, traducteur et commentateur d'importance, comme chacun le sait et l'enseigne, ait jamais mis les pieds au Mont-Saint-Michel ! Quant a la methode, Sylvain Gouguenheim confond la presence d'un manuscrit en un lieu donne avec sa lecture, sa diffusion, sa transmission, ses usages, son commentaire, ou extrapole la connaissance du grec au haut Moyen Age a partir de quelques exemples isoles. Tout cela conduit a un expose de seconde main qui ignore toute recherche nouvelle - notons que le titre meme de son livre est emprunte a un article de Coloman Viola... paru en 1967 ! Certains elements du livre sont certes incontestables, mais ce qui est presente comme une revolution historiographique releve d'une parfaite banalite. On sait depuis longtemps que les chretiens arabes, comme Hunayn Ibn Ishaq, jouerent un role decisif dans les traductions du grec au IXe siecle. De plus, contrairement aux affirmations de l'auteur, le fameux Jacques de Venise figure aussi bien dans les manuels d'histoire culturelle, comme ceux de Jacques Verger ou de Jean-Philippe Genet, que dans ceux d'histoire de la philosophie, tel celui d'Alain de Libera, la Philosophie medievale, ou l'on lit : L'Aristote greco-latin est acquis en deux etapes. Il y a d'abord celui de la periode tardo-antique et du haut Moyen Age, l'Aristote de Boece, puis, au XIIe siecle, les nouvelles traductions greco-latines de Jacques de Venise. La rhetorique du livre s'appuie sur une serie de raisonnements fallacieux. Des contradictions notamment : Charlemagne est credite d'une correction des evangiles grecs, avant que l'auteur ne rappelle plus loin qu'il sait a peine lire ; la science moderne nait tantot au XVIe siecle, tantot au XIIIe siecle. Le procede du deux poids, deux mesures est recurrent : il reproche a Avicenne et Averroes de n'avoir pas su le grec, mais pas a Abelard ou a Thomas d'Aquin, mentionne les reactions antiscientifiques et antiphilosophiques des musulmans, alors que pour les chretiens, toute pensee serait issue d'une foi appuyee sur la raison inspiree par Anselme - les interdictions d'Aristote, voulues par les autorites ecclesiastiques, n'ont-elles pas existe aux debuts de l'Universite a Paris ? La critique des sources est dissymetrique : les chroniqueurs occidentaux sont pris au pied de la lettre, tandis que les sources arabes sont l'objet d'une hypercritique. L'auteur enfin imagine des theses qu'aucun chercheur serieux n'a jamais soutenues (par exemple, que les musulmans aient volontairement transmis ce savoir antique aux chretiens est une pure vue de l'esprit ), qu'il lui est facile de refuter pour faire valoir l'importance de sa revision . Au final, des pans entiers de recherches et des sources bien connues sont effaces, afin de permettre a l'auteur de deboucher sur des theses qui relevent de la pure ideologie. Le christianisme serait le moteur de l'appropriation du savoir grec, ce qui reposerait sur le fait que les Evangiles ont ete ecrits en grec - passant sous silence le role de la Rome paienne. L'Europe aurait ensuite reussi a recuperer le savoir grec par ses propres moyens . Par cette formule, le monde byzantin et les arabes chretiens sont annexes a l'Europe, trahissant le presuppose identitaire de l'ouvrage : pour l'auteur, l'Europe eternelle s'identifie a la chretiente, le nous du livre, meme quand ses representants vivent a Bagdad ou Damas. La fin du livre oppose des civilisations definies par la religion et la langue et ne pouvant que s'exclure mutuellement. L'ouvrage debouche alors sur un racisme culturel qui affirme que dans une langue semitique, le sens jaillit de l'interieur des mots, de leurs assonances et de leurs resonances, alors que dans une langue indo-europeenne, il viendra d'abord de l'agencement de la phrase, de sa structure grammaticale. [...] Par sa structure, la langue arabe se prete en effet magnifiquement a la poesie [...] Les differences entre les deux systemes linguistiques sont telles qu'elles defient presque toute traduction . On n'est alors plus surpris de decouvrir que Sylvain Gouguenheim dit s'inspirer de la methode de Rene Marchand (page 134), auteur, proche de l'extreme droite, de Mahomet : contre-enquete (L'Echiquier, 2006, cite dans la bibliographie) et de La France en danger d'Islam : entre Jihad et Reconquista (L'Age d'Homme, 2002), qui figure en bonne place dans les remerciements. Il confirme ainsi que sa demarche n'a rien de scientifique : elle releve d'un projet ideologique aux connotations politiques inacceptables. Citons pour terminer Gustave Le Bon dans "La Civilisation des Arabes" (en 1884!) qui affirmait aux auteurs minimisant le role de l'appport de la civilisation islamique dans la transmission des sciences et de la philosophie grecque a l'Europe : "Il semblera toujours humiliant a certains esprits de songer que c'est a des infideles que l'Europe chretienne doit d'etre sortie de la barbarie, et une chose si humiliante en apparence ne sera que bien difficilement admise... Par leur influence morale, ils ont police les peuples barbares qui avaient detruit l'empire romain ; par leur influence intellectuelle, ils ont ouvert a l'Europe le monde des connaissances scientifiques, litteraires et philosophiques qu'elle ignorait, et ont ete nos civilisateurs et nos maitres pendant six cents ans."
une manipulation de l'hstoire pour quelle ideologie? Juillet 20, 2008 Blache (France) 10 sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
Un texte tres discutable avec des bases historiques biaisees, tres dans la tendance actuelles de l'islamophobie a manipuler avec des pincettes et en se bouchant le nez
Beaucoup d'erreurs, peu de nouveautes Juillet 17, 2008 Fernand Bonnier (Paris, France) 16 sur 41 ont trouvé ce commentaire utile
Intrigue par la polemique et interesse au sujet, j'ai achete et lu le livre... pour en sortir fort decu. En effet rien de ce que l'on n'y trouve n'est nouveau (l'auteur reprend nombre de travaux anterieurs de specialistes, sans rien ajouter de nouveau si ce n'est quelques erreurs factuelles), tandis que la presentation est fortement biaisee: les arguments favorable a la these sont largement exposes, mais tous ceux pouvant la remettre en cause ignores (en particulier le role des traductions de l'arabe aux XIIe et XIIIe siecle, particulierement dans les domaines des mathematiques, de la medecine ou de la philosophie). Bref il s'agit d'un livre "a charge" qui n'a pas grand chose de scientifique. Dommage, car le sujet meritait un bel ouvrage de synthese en francais. Je vous conseille donc plutot de lire les ouvrages de Dimitri Gutas (par exemple Pensee grecque, culture arabe) pour une meilleure appreciation du rapport de la civilisation arabe au savoir grec
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