Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l'Europe chretienne | 
agrandir | Auteur: Sylvain Gouguenheim Créateur: Sylvain Gouguenheim Éditeur: Seuil
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Média: Broche Pages: 277 Poids (kg): 1 Dimension (cm): 9.3 x 6.1 x 0.9
ISBN: 2020965410 EAN: 9782020965415 ASIN: 2020965410
Date de publication: Mars 6, 2008 Expédition: Éligible pour une livraison à rabais Disponibilité: Habituellement expedie sous 24 h
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Rien de bien nouveau Juillet 24, 2008 P. Raphael (France) 6 sur 19 ont trouvé ce commentaire utile
Rien de bien nouveau dans ce livre bourres d'erreurs de fait et d'analyse qui pretend demontrer que l'Europe chretienne medievale se serait approprie directement l'heritage grec. L'ouvrage va a contre-courant de la recherche contemporaine, qui s'est efforcee de parler de translatio studiorum et de mettre en avant la diversite des traductions, des echanges, des pensees, des disciplines, des langues. S'appuyant sur de pretendues decouvertes, connues depuis longtemps, ou fausses, l'auteur propose une relecture fallacieuse des liens entre l'Occident chretien et le monde islamique, relayee par la grande presse mais aussi par certains sites Internet extremistes. Des la premiere page, Sylvain Gouguenheim affirme que son etude porte sur la periode s'etalant du VIe au XIIe siecle, ce qui ecarte celle, essentielle pour l'etude de son sujet, des XIIIe et XIVe siecles. Il est alors moins difficile de pretendre que l'histoire intellectuelle et scientifique de l'Occident chretien ne doit rien au monde islamique ! Il serait fastidieux de relever les erreurs de contenu ou de methode que l'apparence erudite du livre pourrait masquer : Jean de Salisbury n'a pas fait aeuvre de commentateur ; ce n'est pas via les traductions syriaques que ce qu'on a appele la Logica nova (une partie de l'Organon d'Aristote) a ete recue en Occident ; enfin, et surtout, rien ne permet de penser que le celebre Jacques de Venise, traducteur et commentateur d'importance, comme chacun le sait et l'enseigne, ait jamais mis les pieds au Mont-Saint-Michel ! Quant a la methode, Sylvain Gouguenheim confond la presence d'un manuscrit en un lieu donne avec sa lecture, sa diffusion, sa transmission, ses usages, son commentaire, ou extrapole la connaissance du grec au haut Moyen Age a partir de quelques exemples isoles. Tout cela conduit a un expose de seconde main qui ignore toute recherche nouvelle - notons que le titre meme de son livre est emprunte a un article de Coloman Viola... paru en 1967 ! Certains elements du livre sont certes incontestables, mais ce qui est presente comme une revolution historiographique releve d'une parfaite banalite. On sait depuis longtemps que les chretiens arabes, comme Hunayn Ibn Ishaq, jouerent un role decisif dans les traductions du grec au IXe siecle. De plus, contrairement aux affirmations de l'auteur, le fameux Jacques de Venise figure aussi bien dans les manuels d'histoire culturelle, comme ceux de Jacques Verger ou de Jean-Philippe Genet, que dans ceux d'histoire de la philosophie, tel celui d'Alain de Libera, la Philosophie medievale, ou l'on lit : L'Aristote greco-latin est acquis en deux etapes. Il y a d'abord celui de la periode tardo-antique et du haut Moyen Age, l'Aristote de Boece, puis, au XIIe siecle, les nouvelles traductions greco-latines de Jacques de Venise. La rhetorique du livre s'appuie sur une serie de raisonnements fallacieux. Des contradictions notamment : Charlemagne est credite d'une correction des evangiles grecs, avant que l'auteur ne rappelle plus loin qu'il sait a peine lire ; la science moderne nait tantot au XVIe siecle, tantot au XIIIe siecle. Le procede du deux poids, deux mesures est recurrent : il reproche a Avicenne et Averroes de n'avoir pas su le grec, mais pas a Abelard ou a Thomas d'Aquin, mentionne les reactions antiscientifiques et antiphilosophiques des musulmans, alors que pour les chretiens, toute pensee serait issue d'une foi appuyee sur la raison inspiree par Anselme - les interdictions d'Aristote, voulues par les autorites ecclesiastiques, n'ont-elles pas existe aux debuts de l'Universite a Paris ? La critique des sources est dissymetrique : les chroniqueurs occidentaux sont pris au pied de la lettre, tandis que les sources arabes sont l'objet d'une hypercritique. L'auteur enfin imagine des theses qu'aucun chercheur serieux n'a jamais soutenues (par exemple, que les musulmans aient volontairement transmis ce savoir antique aux chretiens est une pure vue de l'esprit ), qu'il lui est facile de refuter pour faire valoir l'importance de sa revision . Au final, des pans entiers de recherches et des sources bien connues sont effaces, afin de permettre a l'auteur de deboucher sur des theses qui relevent de la pure ideologie. Le christianisme serait le moteur de l'appropriation du savoir grec, ce qui reposerait sur le fait que les Evangiles ont ete ecrits en grec - passant sous silence le role de la Rome paienne. L'Europe aurait ensuite reussi a recuperer le savoir grec par ses propres moyens . Par cette formule, le monde byzantin et les arabes chretiens sont annexes a l'Europe, trahissant le presuppose identitaire de l'ouvrage : pour l'auteur, l'Europe eternelle s'identifie a la chretiente, le nous du livre, meme quand ses representants vivent a Bagdad ou Damas. La fin du livre oppose des civilisations definies par la religion et la langue et ne pouvant que s'exclure mutuellement. L'ouvrage debouche alors sur un racisme culturel qui affirme que dans une langue semitique, le sens jaillit de l'interieur des mots, de leurs assonances et de leurs resonances, alors que dans une langue indo-europeenne, il viendra d'abord de l'agencement de la phrase, de sa structure grammaticale. [...] Par sa structure, la langue arabe se prete en effet magnifiquement a la poesie [...] Les differences entre les deux systemes linguistiques sont telles qu'elles defient presque toute traduction . On n'est alors plus surpris de decouvrir que Sylvain Gouguenheim dit s'inspirer de la methode de Rene Marchand (page 134), auteur, proche de l'extreme droite, de Mahomet : contre-enquete (L'Echiquier, 2006, cite dans la bibliographie) et de La France en danger d'Islam : entre Jihad et Reconquista (L'Age d'Homme, 2002), qui figure en bonne place dans les remerciements. Il confirme ainsi que sa demarche n'a rien de scientifique : elle releve d'un projet ideologique aux connotations politiques inacceptables. Citons pour terminer Gustave Le Bon dans "La Civilisation des Arabes" (en 1884!) qui affirmait aux auteurs minimisant le role de l'appport de la civilisation islamique dans la transmission des sciences et de la philosophie grecque a l'Europe : "Il semblera toujours humiliant a certains esprits de songer que c'est a des infideles que l'Europe chretienne doit d'etre sortie de la barbarie, et une chose si humiliante en apparence ne sera que bien difficilement admise... Par leur influence morale, ils ont police les peuples barbares qui avaient detruit l'empire romain ; par leur influence intellectuelle, ils ont ouvert a l'Europe le monde des connaissances scientifiques, litteraires et philosophiques qu'elle ignorait, et ont ete nos civilisateurs et nos maitres pendant six cents ans."
une manipulation de l'hstoire pour quelle ideologie? Juillet 20, 2008 Blache (France) 3 sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
Un texte tres discutable avec des bases historiques biaisees, tres dans la tendance actuelles de l'islamophobie a manipuler avec des pincettes et en se bouchant le nez
Beaucoup d'erreurs, peu de nouveautes Juillet 17, 2008 Fernand Bonnier (Paris, France) 6 sur 19 ont trouvé ce commentaire utile
Intrigue par la polemique et interesse au sujet, j'ai achete et lu le livre... pour en sortir fort decu. En effet rien de ce que l'on n'y trouve n'est nouveau (l'auteur reprend nombre de travaux anterieurs de specialistes, sans rien ajouter de nouveau si ce n'est quelques erreurs factuelles), tandis que la presentation est fortement biaisee: les arguments favorable a la these sont largement exposes, mais tous ceux pouvant la remettre en cause ignores (en particulier le role des traductions de l'arabe aux XIIe et XIIIe siecle, particulierement dans les domaines des mathematiques, de la medecine ou de la philosophie). Bref il s'agit d'un livre "a charge" qui n'a pas grand chose de scientifique. Dommage, car le sujet meritait un bel ouvrage de synthese en francais. Je vous conseille donc plutot de lire les ouvrages de Dimitri Gutas (par exemple Pensee grecque, culture arabe) pour une meilleure appreciation du rapport de la civilisation arabe au savoir grec
enfin la verite Juillet 16, 2008 xerxes (Grenoble) 8 sur 12 ont trouvé ce commentaire utile
Enfin un auteur, qui sait de quoi il parle, qui ose dire la verite sur les origines exactes et les transmissions du savoir occidental. Certes, cela ne plaira pas aux tenants de la pensee unique (de gauche si possible et proarabe a tout crin) ni a ceux qui ne pensent qu'au petrole, mais il ne fait que retablir un etat de fait. Alors, il en y en aura toujours pour nous seriner que les arabes ont invente le "zero"... oui, et alors ? les Egyptiens ont construit les pyramides sans connaitre le zero, les Grecs et les Romains ont realise des prodiges d'architecture sans connaitre le zero et on accumuler les exemples. D'ailleurs parler de l'oeuvre civilisatrice de l'islam qui fait de la femme un non-etre, qui exploite l'esclavage, qui interdit la representation de l'Homme (bravo les progres de la peinture, de la sculpture s'il n'y avait que l'islam). Il faut a tout prix lire ce livre qui est une oeuvre de salubrite publique.
Un travail precis, documente et necessaire Juillet 10, 2008 M. Frederic Bey (France) 15 sur 16 ont trouvé ce commentaire utile
Le livre de Sylvain Gouguenheim, ecrit dans un style d'une tres grande clarte, est un ouvrage essentiel pour permettre a tout un chacun de "re-comprendre" le Moyen-Age de l'Europe occidentale et chretienne. La richesse des notes et la rigueur de la documentation traduise le serieux du trvaail accommpli par l'auteur. La these exposee dans le livre est simple et peut etre resumee par cette citation de la page 198 : "En tout etat de cause, le processus de progres culturel et scientifique qui anime l'Europe medievale des VIIIe-XIIe siecles parait de nature endogene. Il est fort probable que, beneficiant de cette dynamique, de sa quete seculaire du savoir grec, qu'illustre le courant de traductions etabli autour du mont Saint-Michel, l'Europe aurait suivi un chemin identique meme en l'abscence de tout lien avec le monde islamique. L'intermediaire arabe, sans etre inexistant, n'eut sans doute pas la portee decisive qu'on lui attribue ; quant a parler d'Islam des Lumieres, c'est occidentaliser a l'exces la pensee des falasifa et leur attribuer plus d'influence qu'ils n'en eurent au sein de leur propre societe". Au bout du compte, "Aristote au mont Saint-Michel" permet de conjurer la prediction de Pauwels - Quand on ne reconnait plus les siens, c'est que l'on est plus des leurs. - pour nous permettre de redouvrir que notre Moyen Age n'avait rien d'un age sombre. Travail salutaire pour lutter contre les deformations ideologiques post-modernes, comme l'a ete celui de Petre-Grenouilleau sur l'histoire de l'esclavage.
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