Histoire d'un Allemand : Souvenirs 1914-1933 | 
agrandir | Auteur: Sebastian Haffner Créateurs: Sebastian Haffner, Brigitte Hebert Éditeur: Actes Sud
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Média: Broche Édition: edition revue et augmentee Pages: 434 Poids (kg): 4.8 Dimension (cm): 6.9 x 4.1 x 1.1
ISBN: 2742751513 EAN: 9782742751518 ASIN: 2742751513
Date de publication: Septembre 1, 2004 Disponibilité: Expedition sous 1 a 2 jours ouvres Expédition: Livraison internationale disponible Condition: ENVOI RAPIDE ET SOIGNE AVEC CADEAU SURPRISE
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un grand travail Novembre 24, 2008 Gilbert Michaud (canada) m haffner decede ecrit ici un autre grand livre qui rejoint la biographie de 1978 UN CERTAIN ADOLF HITLER . en qualite.
Saisissant de lucidite, ce livre ecrit en 1939 est un excellent outil d'analyse Janvier 25, 2008 Labradorite 2 sur 2 ont trouvé ce commentaire utile
Sebastian Haffner, ne en 1907 et qui se decrit lui-meme comme un produit standard de la bourgeoisie allemande cultivee de Berlin (p. 147), fuit en Angleterre des 1938 devant la montee du nazisme. Il ecrivit ce temoignage en 1939 pour alerter ceux qui voulaient bien l'entendre. Helas, la guerre ayant eclate, le manuscrit ne fut pas publie a temps et on ne le retrouva qu'apres la mort de l'auteur, en 1999. Sebastian Haffner estime qu'il doit son salut a son nez ! En effet, c'est son flair intellectuel aigu que lui permet de sentir, des 1932, l'odeur nauseabonde que degageait le nazisme (p. 158-159). Il explique la montee du nazisme en Allemagne par quelques traits nationaux des Allemands et surtout par des donnees historiques. Parmi les explications psychologiques , on retiendra qu'une grande partie de l'Allemagne etait menacee de torpeur et souffrait d'une horreur du vide qui appelait de ses voeux la delivrance... par une formidable, irrepressible et facile ivresse collective (p. 111), que le courage de decider soi-meme en toute responsabilite est une vertu rare en Allemagne. (p. 65), que le nationalisme allemand est encore plus deletere que les autres (p. 334-336) et que le culte absolu de l'excellence est un defaut allemand que les Allemands tiennent pour une qualite. Ce que nous faisons, nous voulons le faire bien, peu importe qu'il s'agisse d'un travail honnete et intelligent, d'une aventure ou d'un crime et l'ivresse profonde, beate et perverse procuree par cette perfection meme nous dispense de toute reflexion sur le sens et la valeur de la chose que nous sommes en train de faire. (p. 401-402) Mais c'est dans l'expose du contexte historique que Sebastian Haffner est le plus interessant : il explique en quoi les annees precedant 1933 etaient porteuses de tous les dangers et ont facilite la folie nazie. Par exemple, pour tous ceux qui n'etaient pas au front, la guerre de 1914-1918 etait un grand jeu excitant, passionnant [procurant] des distractions plus substantielles et des emotions plus delectables que tout ce que peut offrir la paix (p. 34-35). La revolution allemande de 1918 ancra dans le peuple l'idee que les institutions en place n'etaient pas fiables (p. 52-55), l'assassinat de Rathenau fit croire qu'il etait terriblement facile d'accomplir un geste historique (p. 82) et la sombre annee 1923 ou le mark perdit toute valeur et ou la crise qui s'ensuivit provoqua faillites et suicides des uns, fortune eclair et vie de luxe ostentatoire chez les autres ainsi que l'effondrement de toutes les regles, la banqueroute de l'age et de l'experience engendra des traits qui sont etrangers au caractere normal du peuple allemand : cynisme debride, nihilisme... . Par ailleurs, les opposants d'Hitler le sous-estimerent gravement. Parce que beaucoup etaient convaincus que son accession au pouvoir etait impossible, ils n'envisagerent rien pour lui barrer la route (p. 164). Hitler et ses sbires surent aussi creer tres rapidement un climat de terreur, en executant des personnes qui leur etaient notoirement hostiles. C'est ainsi que beaucoup d'Allemands participerent au nazisme par crainte, d'autres y adhererent par degout et ressentiment envers la classe politique qui les avaient laisses tomber, en tirant les conclusions d'un syllogisme etrange, typiquement allemand : les adversaires des nazis se sont trompes dans toutes leurs previsions. Ils ont affirme que les nazis allaient perdre. Or, les nazis ont gagne. Donc, leurs adversaires avaient tort. Donc, les nazis ont raison . (p. 202) Pour Haffner, l'antisemitisme nazi n'est pas accessoire au regard des grandes questions nationales, comme le pensaient certains Allemands, il porte en lui le peril definitif d'un crepuscule de l'humanite. car, une fois que les penchants meurtriers fondamentaux et permanents a l'egard des congeneres ont ete eveilles et meme transformes en devoir, changer leur objet n'est qu'une formalite. (p. 214-216) Juste avant son depart, qu'il ne raconte pas car son livre a ete interrompu par la guerre, Sebastian Haffner a du, pour pouvoir finir ses etudes de droit, participer a un camp d'education ideologique, en compagnie d'autres etudiants dans la meme situation que lui. Il comprit rapidement que le vrai danger venait non pas des discours qu'on leur servait, mais de la camaraderie, devenue un des plus terribles instruments de la deshumanisation entre les mains des nazis car elle dispense l'homme de toute responsabilite pour lui-meme, devant Dieu et sa conscience. Il fait ce que tous font. Il n'a pas le choix. Sa conscience, ce sont ses camarades : elle l'absout de tout, tant qu'il fait ce que font tous les autres. La camaraderie est un terrain fatal a la pensee, favorable aux seuls schemas collectifs de l'espece la plus triviale... (p. 416-421) L'etat de camaraderie est terriblement dangereux mais il a son point faible : il disparait sans laisser de trace des lors que les conditions exterieures de son existence ne sont plus remplies. (p. 332-334 et 427) Et c'est ainsi que, fini le camp, Sebastian Haffner retrouva son independance d'esprit, qui l'amena a s'exiler, une decision qu'il ne prit pas de gaiete de cSur (p. 326-331) mais qui signifiait pour lui - paradoxalement, mais il s'en explique fort bien - etre fidele a son pays, a la vraie Allemagne que les nazis avaient saccagee. Ce livre est saisissant de lucidite, il est veritablement prophetique et constitue un outil precieux pour tenter de comprendre comment l'Allemagne s'est trouvee entrainee dans le cataclysme hitlerien. Tant la qualite de l'analyse que celle de l'ecriture, tres bien rendue par une excellente traduction de Brigitte Hebert, conferent une tres grande valeur a ce document.
Une lucidite exceptionnelle Février 1, 2007 Mr. Michel Volle (Charnavas France) 8 sur 9 ont trouvé ce commentaire utile
Ce livre eclairera ceux pour qui le nazisme est une enigme. C'est un document precieux tant par la qualite de l'ecriture que par celle de la pensee. Haffner avait emigre en Angleterre en 1938. Il ecrivit ce temoignage en 1939 pour alerter les Anglais. Le livre ne fut pas publie car la guerre avait ete declaree entre temps. On a retrouve le manuscrit en 1999 apres la mort de l'auteur. L'analyse est tellement lucide, le caractere suicidaire du nazisme si clairement demontre, la catastrophe finale si nettement anticipee, que l'on douta de l'authenticite du texte : n'avait-il pas ete en fait ecrit apres la defaite? L'analyse du manuscrit prouva qu'il avait bien ete redige en 1939. Haffner fait la difference entre l'Allemagne comme civilisation et culture, qu'il appelle Allemagne tout court, et le Reich. Les nationalistes allemands, dit-il, on detruit chez les Allemands la civilisation et l'humanite. Le nationalisme, narcissisme national, culte voue a la nation par elle-meme, dangereuse pathologie de l'esprit , repond a une aspiration suicidaire d'autant plus efficace qu'elle se cache mieux sous les apparences de l'energie et de la fidelite. N'existe-t-il pas, aujourd'hui, des pays ou se manifeste cette pulsion suicidaire ? N'est-elle pas au travail, en France meme, sous d'autres apparences ? Il serait dangereux de se croire immunise.
comprendre et veiller Décembre 2, 2004 archosovore 13 sur 14 ont trouvé ce commentaire utile
Ce livre est un chef d'oeuvre marque par une puissance incroyablement prophetique: pourquoi un peuple entier a laisser des barbares arriver au pouvoir? Sebastian Haffner nous decrit d'abord ou prennent source les racines du nazisme, notamment, et en grande partie, dans la guerre de 1914-18, qu'il a lui meme vecu comme un "jeu" etant enfant. Puis Haffner nous montre cette capitulation morale qui frappe toute la classe politique, mais aussi le peuple entier qui s'y soumet aussi a cause de la peur de la repression, puisque des l'arrivee d'Hitler, les habitants de quartiers entiers, reputes socialistes, seront massacres. Enfin le passage qui m'a le plus marque, reste celui ou son pere, ancien fonctionnaire et brillant intellectuel, doit remplir un questionnaire envoye par l'administration nazie lui demandant s'il adherait au nouveau pouvoir en place. Ce fut pour lui une profonde humiliation qu'il dut subir pour conserver sa retraite mais qui le rendit malade et le conduisit a sa mort deux ans plus tard. La lecture de ce livre est donc un devoir a la fois de memoire, et de veille: n'oublions pas que le fascisme existe toujours, et qu'il renait toujours sous d'autres formes.
Un petit bijoux et une joie a lire Juin 6, 2003 Ce roman mi-historique, mi-histoire d'amour relate l'acheminement tres personnel d'un jeune homme temoin de la premiere Guerre mondiale, des annees folles puis de la montee du nazisme est passionnante, emouvante et - ce qui ne gache rien -tres, tres bien ecrite (bravo d'ailleurs a la formidable traductrice !). C'est le mieux que j'ai lu sur cette periode de mon pays natal(et pourtant on nous en fait lire des tonnes au bac en Allemagne), un livre qui sonne juste et qui m'a fait decouvrir avec gratitude des aspects de l'Allemagne que j'ignorais. Un livre important a inclure dans le programme de l'enseignement de l'histoire.
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